Notre transition vers l’auto-suffisance. Notre installation progressive agricole sur petite surface.

Nous sommes régulièrement sollicités pour partager notre expérience au sujet de notre transition familiale vers une certaine auto-suffisance alimentaire, financière et énergétique… et notre installation progressive agricole sur petite surface (on entend aujourd’hui parler d’ailleurs de micro-ferme, néo-paysan). Découvrez la raison d’être, les objectifs et l’évolution de notre projet depuis 2011.

Article mis à jour le 30 avril 2018.

Quelle est la raison d’être de notre projet ?

« La Pâture es Chênes est le projet d’une famille de créer un lieu de vie et d’épanouissement, avec maison et jardin, avec pour objectif de tendre vers une auto-suffisance alimentaire, financière et énergétique. »

Nous avons clarifier la raison d’être de notre projet grâce à la formation en ligne “Concevoir une oasis” proposée par le Mouvement Colibris.

Nous avons trouvé cette représentation par hasard sur internet au démarrage de notre projet. On ne pouvait pas rêver mieux comme outil de visualisation pour garder le cap.

Comment pensons-nous atteindre l’auto-suffisance ?

Auto-suffisance alimentaire

  • par l’optimisation progressive de l’espace cultivé (zonage) en prenant en compte notre sol, notre environnement (gestion des vents et de l’eau notamment), nos besoins alimentaires (pour 2 adultes et 3 enfants) et notre temps à disposition pour l’entretien des cultures;
  • par la recherche et l’expérimentation de méthodes durables et respectueuses du vivant et régénératrice des sols (permaculture, agro-écologie, jardinage sol-vivant) et de méthodes pour simplifier le jardinage (planification, calendrier, etc.).

Auto-suffisance financière

  • par le partage de notre expérience : visite, formation, conférence & animation;
  • par la vente en circuit-court directement de notre jardin (produits frais ou transformés);
  • par l’accueil touristique (éco-gîte, hébergement insolite).

Auto-suffisance énergétique

  • par la rénovation progressive de notre local de formation (poêle à bois,  panneau solaire pour la lumière, changement des huisseries, isolation).

Installation progressive sur petite surface. L’évolution du projet professionnel.

2011

Achat de la parcelle agricole familiale de 4000m². Nous prenons le temps de nous renseigner sur le jardinage naturel, le jardinage sol-vivant et la permaculture. Nous en appliquons les concepts, notamment l’observation et le ressenti du lieu. Le modèle de jardin-forêt nous séduit et répond plutôt bien aux contraintes environnementales de la parcelle (sol drainant, forte amplitude thermique, vent régulier).

Jardin-forêt ? aussi appelé forêt comestible, forêt nourricière ou jardin agroforestier : culture étagée de végétaux comestibles (arbres et arbustes fruitiers, légumes vivaces et annuels, condimentaires, aromatiques et médicinales).

2012/2013

Premières récoltes. Nous pensons à en vendre les quelques surplus en vente directe.

Nous démarchons la Chambre d’Agriculture. Nous avons moins d’un 1 SMA = 1,25 Mo en culture de plein champ. Le statut social de cotisant solidaire nous est proposé. Il ne nous convient pas : forfait trop important pour le peu de surplus que nous avons à vendre, pas de couverture sociale, pas de droit à l’urbanisme, pas d’aide européenne Jeune Agriculteur.

Grégory se présente alors à la CCI comme “particulier qui veut vendre légalement le surplus des récoltes de son grand jardin“. Il lui est proposé de créer une auto-entreprise “vente de fruits et légumes”. C’est assez confortable pour une installation progressive car les cotisations sont calculées selon le chiffre d’affaires.

Les activités agricoles sont exclues du régime auto-entrepreneur. Les statuts sociaux agricoles affiliés à la MSA sont “cotisant solidaire” ou “exploitant agricole” (EI, EURL, SARL, etc.). En tant qu’auto-entrepreneur, Grégory est affilié à la RSI.

2014/2015

À l’écoute de la demande, nous sommes invités à diffuser et partager les alternatives que nous expérimentons. Nous décidons alors de nous concentrer sur le potentiel pédagogique de notre jardin. Nous nous découvrons une véritable passion pour la transmission. 2015 est l’année de lancement officiel des stages, quasiment tous complets. Preuve du besoin de mettre les mains à la terre… ; – )

Nous pensons tout d’abord à créer une association. Ayant plus d’expérience dans la gestion d’une entreprise, nous optons finalement pour la simplicité et l’autonomie et conservons le régime de l’auto-entreprise.

Grégory fait évoluer son auto-entreprise : “conseil en environnement” en guise d’activité principale, “vente de fruits et légumes” en guise d’activité secondaire. Au sein d’une même auto-entreprise, il est possible de cumuler plusieurs activités de natures différentes = plusieurs codes APE (cf. http://www.cci.fr/web/auto-entrepreneur/activites-mixtes). En plus de nos activités pédagogiques, nous pouvons donc vendre nos surplus de production. Cette vente représente un tout petit pourcentage de nos recettes et est irrégulière. Elle progresse tranquillement en parallèle à l’évolution du jardin-forêt. Nous ne souhaitons pas nous mettre la pression quant à ce que peut nous offrir le jardin en terme de production – c’est important pour nous de laisser à la terre le temps de se régénérer.

2016

Toujours à la demande, Grégory propose un nouveau service de conseil à domicile  auprès des particuliers pour l’aménagement de leur jardin en permaculture.

Le sol du jardin gagnant en maturité et fertilité (rappel : sans engrais ni fumure animale), nous décidons de tester plus grandement les capacités de production de notre éco-système. La présence et patience de Sylvaine est alors requise pour le petit entretien et la gestion des cultures. Jusqu’ici, elle s’est essentiellement occupée de la communication et logistique de l’activité pédagogique de Grégory.

Elle choisit de s’installer cotisant solidaire auprès de la Chambre d’Agriculture, MSA et DDTM… et de se former à la transformation et valorisation de nos produits.

2017

Nouvelle organisation des cultures avec :

  • installation d’une serre (production de plants et culture),
  • réduction de l’espace de culture des végétaux annuels pour optimiser encore plus leur soin (meilleure gestion de l’eau notamment),
  • augmentation des espaces pour les végétaux à culture longue (courges, choux, etc.) et perpétuels ou vivaces (dont les aromatiques).

Notre activité quant à elle se confirme :

2018-2020

Le grand bon…  au 1er janvier, Sylvaine  s’installe exploitante agricole en production et transformation diversifiée de légumes, fruits, condimentaires, aromatiques et médicinales et location de gîte. Grégory ferme son auto-entreprise et la rejoint en tant que conjoint collaborateur.

“La Pâture es Chênes” comprend maintenant 2 entreprises :

  • une Entreprise Individuelle micro-BA (micro bénéfice agricole) pour les revenus agricoles de la vente directe de produits frais ou transformés, et de l’agro-tourisme (éco-gîte, hébergement insolite).
  • et une auto-entreprise micro-BIC pour les revenus industriels et commerciaux de l’activité pédagogique.

Nous nous donnons 2 années pour asseoir les nouvelles activités… doucement mais sûrement  ! ; – )

Si vous aussi souhaitez vous installer, nous nous ferons un plaisir de vous partager notre expérience. Venez nous rendre visite au jardin et nous répondrons à vos questions !