Notre transition vers l’auto-suffisance et installation professionnelle

Nous sommes régulièrement sollicités pour partager notre expérience au sujet de notre transition vers plus d’auto-suffisance et notre installation professionnelle.

Quelle est la raison d’être de notre projet ?

« La Pâture es Chênes est le projet d’une famille de créer un lieu de vie et d’épanouissement, avec maison et jardin, avec pour objectif de tendre vers une autonomie alimentaire, financière et énergétique. »

Nous avons trouvé cette représentation par hasard sur internet au démarrage de notre projet. On ne pouvait pas rêver mieux comme outil de visualisation pour garder le cap.

Nous avons clarifier la raison d’être de notre projet grâce à la formation en ligne « Concevoir une oasis » proposée par le Mouvement Colibris.

Depuis 2011, la parcelle agricole familiale de 4000 m² que nous avons racheté évolue progressivement d’une prairie vers un  jardin-forêt ou forêt nourricière (culture étagée de végétaux comestibles). Elle devient petit à petit un lieu d’abondance alimentaire, de biodiversité, un lieu d’éducation et de partage des savoirs, un lieu de vie.

Auto-suffisance alimentaire ? optimisation progressive de l’espace cultivé (zonage) en prenant en compte notre sol, notre environnement (gestion des vents et de l’eau notamment), nos besoins alimentaires (pour 2 adultes et 3 enfants), et notre temps à disposition pour l’entretien des cultures; recherche et expérimentation de méthodes durables et respectueuses du vivant (permaculture, agro-écologie, jardinage sol-vivant) et de méthodes pour simplifier le jardinage (planification, calendrier, etc.).

Auto-suffisance financière ? partage de notre expérience (visite, formation, conférence – animation) et vente en circuit-court directement de notre jardin (produits frais ou transformés).

Auto-suffisance énergétique ? rénovation progressive de notre local de formation (poêle à bois,  panneau solaire pour la lumière, changement des huisseries, isolation).

Parmi nos sources d’inspiration…

De Jean-Martin Fortier et la Ferme du Bec Hellouin, nous retenons la notion d’optimisation de l’espace et densification des cultures. Cf. conférence du 2 mars 2013 à Paris.

De Fukuoka et de la permaculture, nous retenons le travail en intelligence avec la nature, la gestion autonome d’un écosystème, et la recherche d’harmonie homme/nature. L’énergie est importante en amont de tout projet : observation et ressenti du milieu, des ressources/contraintes, des besoins (besoins du jardin, mais aussi les nôtres : déterminer clairement ce que nous voulons), réflexion/patience (est-ce le bon moment pour nous ? pour le jardin ?) et organisation. L’action finale en est largement simplifiée.

Retrouvez tout un ensemble de sources d’inspiration ici…

Quelle structure choisir ?

2012/2013

En 2012, nous démarchons la Chambre d’Agriculture. Nous avons moins d’1/2 SMI (ou 1 SMA = 1,25 Mo en culture de plein champ). Le statut de ‘cotisant solidaire’ qui nous est proposé en conséquence ne nous convient pas (pas de charge sociale donc pas de couverture sociale + pas de droit à l’urbanisme + pas d’aide européenne Jeune Agriculteur).

En 2013, Grégory se présente à la CCI comme « particulier qui veut vendre légalement le surplus des récoltes de son grand jardin« . Le statut d’auto-entrepreneur « vente de fruits et légumes » lui est accordé, un statut confortable pour une installation progressive. Nous payons tous les mois les cotisations selon le chiffre d’affaires.

Le statut d’auto-entrepreneur n’est pas accessible au monde agricole. Les statuts sociaux agricoles sont « cotisant solidaire » ou « exploitant agricole » (EI, EURL, SARL, etc.). En tant qu’auto-entrepreneur, Grégory est affilié à la RSI.

2014/2015

En 2014, Grégory fait évoluer son statut d’auto-entrepreneur « conseil en environnement ». À la demande, notre rôle apparaît de diffuser et partager les alternatives que nous expérimentons. Nous décidons alors de nous concentrer sur le potentiel pédagogique de notre jardin. Nous nous découvrons une véritable passion pour ce partage !

Dans ce but, l’éventualité de créer une association se propose à nous. Mais ayant plus d’expériences dans la gestion d’une entreprise, nous optons pour la simplicité de conserver le statut d’auto-entreprise. Il nous est conseillé de protéger notre projet personnel … notre projet de vie familial.

2015 est l’année de lancement officiel des stages, quasiment tous complets. Preuve du besoin de mettre les mains à la terre… ; – )

Au sein d’une même auto-entreprise, il est possible de cumuler plusieurs activités de natures différentes = plusieurs codes APE (cf. http://www.cci.fr/web/auto-entrepreneur/activites-mixtes). En plus de nos activités pédagogiques, nous pouvons donc vendre notre production. Cette vente représente un tout petit pourcentage de nos recettes et est irrégulière. Elle progresse tranquillement en parallèle à l’évolution du jardin-forêt. Nous ne souhaitons pas nous mettre la pression quant à ce que peut nous offrir le jardin en terme de production – c’est important pour nous de laisser à la terre le temps de se régénérer.

2016

Grégory confirme ses compétences en matière de conseil paysagiste comestible  auprès des particuliers, des professionnels et des espaces urbains : à Saint-Brieuc, nous expérimentons un modèle participatif et citoyen de création d’un espace comestible urbain, durable et partagé.

En ce qui concerne les cultures, le sol du jardin gagnant en maturité et fertilité (rappel : sans engrais ni fumure animale), nous décidons de tester les capacités de production de notre modèle de culture (en plate-bande, en carré, en ligne, à la volée… le choix est vaste, mais lequel conviendra le mieux ? quelle organisation ? sur quel espace ?).

La présence et patience de Sylvaine est requise pour le travail de petit entretien et gestion des cultures. Jusqu’ici, elle s’est essentiellement occupée de la communication et organisation des évènements.

Elle a choisi de s’installer en culture diversifiée ‘cotisant solidaire’ auprès de la Chambre d’Agriculture, MSA, et DDTM… et de se former à la transformation et valorisation de nos produits.

2017

Nouvelle organisation en perspective. Notre activité se confirme…

  • installation d’une serre (production de plants et culture),
  • réduction de l’espace de culture des végétaux annuels pour optimiser encore plus leur soin (meilleure gestion de l’eau notamment),
  • augmentation des espaces pour les végétaux à culture longue (courges, choux, etc.) et perpétuels ou vivaces (dont les aromatiques),
  • recherche pour le « Conservatoire du goût » de Christophe Collini (1|2|3),
  • rénovation du local de formation (isolation, changement des huisseries),
  • création d’un atelier de transformation et formation,
  • CCP pour Grégory auprès de Pascal Depienne – Terre Paille et Compagnie.

 

Si vous aussi souhaitez vous installer, nous nous ferons un plaisir de vous partager notre expérience. Nous offrons plusieurs opportunités de venir nous voir au jardin :
– la visite guidée prévue quasiment tous les dimanches matin de mars à novembre,
– et la journée d’échange « Projet de vie & professionnel ».